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  • aymericphotographe

À la découverte du cerf



Le cerf est un mammifère ruminant, ongulé de la famille des cervidés. Les bois sont une formation osseuse, pleine et caduque qui chute de mi-février à fin avril. La hauteur au garrot pour les mâles est de 1m10 à 1m40 et pour les biches, la hauteur se fixe entre 1m et 1m20. Le poids est évalué entre 120 et 250 kg pour les cerfs et de 60 à 130 kg pour la biche. Le faon, pour sa part, pèse à la naissance entre 6 et 7Kg. La gestation dure en moyenne 8 mois.




Quelques appellations :


Empreinte : Volcelest

Excréments : Fumées

Mâle porteur de bois : un cerf coiffé / Mâle ayant perdu ses bois : un cerf mulet

Mâle avec absence définitive de bois : un cerf moine

Jeune cerf accompagnant un vieux cerf : un écuyer

Cerf qui tourne autour de la place de brame : un cerf satellite

Cerf solitaire apparaissant au moment du brame : un cerf pèlerin

Vieille biche stérile : une biche bréhaigne

Groupement de cervidés : une harde









Diminution des cervidés:


Le massif forestier de Rambouillet abrite une faune exceptionnelle et le cerf est, sans conteste, l’emblème de la forêt. La volonté de l’ONF est de diminuer fortement la population de cervidés sous prétexte de dégâts trop importants. En 2008, le directeur de l’ONF avait demandé l’augmentation du plan de chasse alors que, déjà, les indices de consommation avait baissé.

En 2010, il est noté dans le document d’adjudication du droit de chasse en forêt domaniale de Rambouillet comme objectifs cynégétiques à la page 97 :


« Les effectifs sont actuellement élevés et doivent revenir à un niveau supportable.

Les prélèvements devront conduire à la baisse des populations. À défaut, des mesures administratives seront prises.

Les plans de chasse devraient être maintenus au seuil actuel jusqu'à ce que les populations soient stabilisées aux niveaux souhaités. Le recueil de données par bio-indicateurs sera poursuivi. L'objectif est d'obtenir l'équilibre agro-sylvo-cynégétique permettant la régénération des peuplements forestiers dans des conditions économiques satisfaisantes. »


Des soirées de comptage aux phares organisées par la FICEVY et l’ONF permettent un suivi des tendances d’évolution de la population de cerfs par indice nocturne.


Voici le résultat des cinq dernières années :



2007 : 791 animaux vus

2008: 562

2009: 713

2010: 481

2011: 462





Les comptages portent sur le massif Ouest de la Forêt de Rambouillet sur environ

30 000 hectares.

Et voici l’évolution du plan de chasse dans les Yvelines pour comparer avec les comptages:


Année Attribution à tuer Réalisation (nombre de tués)

1990-1991 272 217

2000-2001 643 435

2006-2007 1432 1121

2007-2008 490 1140

2008-2009 1487 1114

2009-2010 1535 965

2010-2011 1208 841


Ces chiffres démontrent que le plan de chasse n’est pas en phase avec la réalité : nous voyons de moins en moins d’animaux dans le massif et les chasseurs ne peuvent plus respecter leurs plans de chasse.


C’est la CDCFS (commission départementale de la chasse et de la faune sauvage) qui décide du plan de chasse, de l’arrêté d’ouverture et de fermeture de la chasse, de l’arrêté de classement des espèces nuisibles et de l’indemnisation des dégâts en culture et en forêt causés par le gibier, sur proposition et avis des membres de la commission et validation du Préfet.


Il faut comptabiliser également les animaux prélevés par le braconnage toujours existant, (avec une hausse en période de brame et pendant les fêtes de fin d’année), les animaux tirés à la chasse non cherchés ou non retrouvés et ceux victimes de collisions avec des véhicules. En effet, d’après les chiffres officiels du FGAO (fonds de garantie), il a été recensé 85 collisions avec des cervidés contre 269 avec des sangliers, 167 avec des chevreuils et 84 avec divers animaux sauvages (renards, blaireaux etc) pour un total de 605 collisions déclarées dans les Yvelines (les collisions sont souvent sous déclarées) contre 65 468 au plan national en 2009.












Il est à noter qu’en 2010, suite à la révolte des photographes animaliers, des chasseurs et de l’opinion publique sur l’état critique de la population de cerfs en forêt, les différents acteurs de la nature ont pu trouver un terrain d’entente pour faire baisser le plan de chasse. Cette baisse continuera pour la saison prochaine. Cependant, certains lots de chasse font exception puisque sous prétexte d’animaux vus, des adjudicataires ont demandé une hausse de leur plan de chasse pour 2011/2012.


Nous constatons aussi une attribution plus importante de grands cerfs, sous la pression des demandeurs de trophées et nous observons un rajeunissement de la population.


Les adjudications des lots de chasse en domaniale sont remis en location tous les six ans.

La dernière a eu lieu le 23 mars 2010 avec des prix en hausse de 30% et un prix moyen de 55€ l’hectare: les enchères montent alors que le nombre d’animaux baisse.

Un exemple:

En 2004, le lot de l’Étang Neuf de 1243 hectares est adjugé à 45 400€ à l’année (mi septembre, fin février).

En 2010, ce même lot étendu à 1311 hectares s’est vu attribuer le prix de 62 000€ à l’année (mi septembre, fin février).


Un autre exemple:

En 2004, le lot du Chêne Baudet de 863 hectares est adjugé à 40 400€ à l’année (mi septembre, fin février)

En 2010, ce même lot réduit à 832 hectares est adjugé à 46 800€ à l’année (mi septembre, fin février).


Les frais annexes liés à la saison de chasse ne sont pas compris dans ces prix.


Il est à souligner aussi que pour assurer les prélèvements, l’ONF fixe un taux de 50% de réalisation au 30 décembre de chaque année sous peine de sanctions pécuniaires.

Le cerf dérangé:

Les populations de cerfs subissent plusieurs types de pressions: pressions de chasse, urbanisation, dérangement et braconnage, seraient responsables de cette diminution.

Sur une année, le cerf est continuellement dérangé: en septembre pour le brame, par la chasse de septembre à mars, par les chercheurs de mues de février à avril et pendant ses refaits par certains photographes (d’avril à fin juillet en moyenne).

Les animaux changent par conséquent leurs habitudes, donc aussi de territoires. Ils sont enclins à quitter les enceintes de la forêt domaniale où ils sont trop souvent dérangés pour rejoindre des lieux plus favorables. La quiétude est essentielle pour le cerf, elle est la condition

sine qua none de sa sauvegarde.











Le domaine vital du cerf évolue au cour du temps en fonction du biotope, de l’alimentation et de la quiétude du milieu. Il oscille à peu près entre 400 et 600 hectares et peut atteindre plusieurs milliers d’hectares pour les animaux régulièrement dérangés. Les déplacements sont journaliers ou saisonniers. Dans les deux cas, la recherche de nourriture et la tranquillité du lieu déterminent les déplacements. La recherche de partenaire sexuel est la cause principale des déplacements saisonniers des mâles à la fin de l’été.


La gestion du cerf n’est pas facile au niveau d’un massif forestier. À la différence du chevreuil qui se répartit uniformément sur l’ensemble de son territoire, le cerf , lui, vit en harde et s’agglutine au niveau de zones bien définies. Ces zones lui procurent un maximum d’éléments nécessaires à ses besoins physiologiques.


Dans d’autres parties du massif, la population évolue en petite harde, quasi absente ou de passage.


L’Homme n’arrivera pas à répartir uniformément le cerf dans son espace territorial comme le souhaite l’ONF et la gestion du cerf n’a pas fini de déchaîner les foules, c’est un grand livre dont tous les ans s’écrit une page.


L’avenir du cerf concerne tous les acteurs de la nature et non toujours le trio chasseur, sylviculteur et agriculteur. Les associations naturalistes sont souvent mises à l’écart lors de réunion sur ces sujets, Naturabios souhaite l’ouverture et une équité dans les prises de position.





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C’est le 27 février 2009, que Nicole et Jean-Jacques MEYER ont créé pour la première fois, avec le parrainage du C.E.R.F (Centre d'Études de Rambouillet et de sa Forêt) et de la S.P.A. de Plaisir (r